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Extrême -Nord À quand la fin des mutilations génitales? 

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Dans le cadre de la journée internationale « tolérance zéro aux mutilations génitales » qui se célèbre tous les 06 du mois de février, l’Association Femmes et Développement de la Region de l’Extrême-Nord a organisé une causerie éducative .

 » En tant que femme et organisation de la société civile, présidente de l’association Femme et Développement, nous avons jugé utile de participer à la célébration de cette journée pendant laquelle la communauté internationale s’insurge contre les mutilations génitales. Dans notre Région ( Extrême-Nord), nous ressentons encore cette pratique et nous avons besoin de l’éradiquer. C’est pour ça que nous avons organisé cette causerie « , explique Mme Aminatou Noah, Présidente de l’AFD..

Plus de 30 femmes ont participé à cette séance riche et chargée d’expérience animée par le Délégué Départemental, M. Souley.

De cette causerie, on prend connaissance n’ont seulement de l’existence, encore rendu palpable de cette pratique de mutilations génitales chez la femme de l’Extrême-Nord mais également un système économique au profit des exiseuses de se faire de l’argent. Un état de chose qui ralenti considérablement l’abolition de ce phénomène. L’AFD a opté pour une sensibilisation pour conscientiser les femmes sur les effets néfastes de cette pratique.

 

Pour rappel, l’AFD œuvre dans trois domaines selon la présidente Mme Aminatou: la lutte contre la violence basés sur le genre, certaines la protection de l’environnement à travers le reboisement l, et l’autonomisation des femmes et des jeunes.

Execution des marchés Le Conseil Régional s’insurge contre la malfaçon

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La matinée du 06 février était particulièrement chargée pour l’équipe du Conseil Régional Conduite par le Pr Haman-Djalo.

Le Président du Conseil Régional de l’Extrême-Nord a effectué une visite de travail sur le chantier en construction d’un atelier au CETIC de Guirvidig, Arrondissement de Maga, Mayo-Danay.  « Nous sommes là dans le cadre de l’exécution des marchés du Conseil Régional de l’Extrême-Nord du BIP 2025. Il s’agit d’un package où il y a cinq (05) ateliers repartis dans les Arrondissements de Maga, ( Guirvidig), Gueré, Gobo, Kai Kai et à Kalfou. La soumission à ces marchés réclame une certaine compétence par site. La Région a été interpellée dans les malfaçons constatées sur le chantier. De façon visible, nous avons noté quelques manquements : le dossier d’exécution n’est pas mis à la disposition des techniciens. Il est normalement fourni par l’entreprise. Celle-ci le donne au maître d’ouvrage qui le partage à ses techniciens notamment la maîtrise d’œuvre qui est son oeil sur le terrain. Il devrait être en permanence sur le terrain au même titre que l’entreprise. Il y a l’ingénieur de l’état en l’occurrence les travaux publics qui devrait avoir le cachet public car après vérification, il devrait dire « bon pour exécution ». Il y a le chef des services du marché. Toutes ces personnes devraient être au même niveau d’information concernant le dossier d’exécution. Jusqu’ici, ce dossier n’existe pas. Et comme vous voyez, le bâtiment est fini en termes de structure porteuse. Donc, nous ne savons pas ce qui a été mis là-dedans. Nous constatons tout simplement des fers de huit alors que nous avons recommandé le fer de dix. Les dimensionnements n’ont pas été pris de façon validée. Nous partons d’ici avec une certaine amertume » déclare Pr Haman-Djalo, le Président du Conseil Régional de l’Extrême-Nord.
Suite à cet état de chose, il est annoncé l’expertise du labogenie, une entreprise publique camerounaise, spécialisée dans le contrôle, l’étude et la recherche dans le domaine du génie civil pour l’évaluation approfondie du chantier.
« Le Labogenie viendra confirmer si les travaux sont faits dans les normes ou pas; ou bien alors renforcer le bâtiment en cas de nécessité ou mieux encore au pire des cas, raser le bâtiment au détriment de l’entreprise malheureusement  » ; conclut le Président .

Chantier des services du Gouverneur de l’Extrême-Nord

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Les travaux relancés après 42 ans d’abandon

Une visite des autorités sur le chantier ce jeudi 22 janvier 2026 a permis d’apprécier l’état d’avancement

« Nous sommes très satisfaits de ce que nous avons vu. C’est un bâtiment abandonné depuis 1984 qui vient d’être relancer sur haute instruction du Chef de l’Etat qui a demandé que tous les chantiers abandonnés soient repris. Ceci s’inscrit dans le plan de reconstruction ». Ce sont là les explications de Midjiyawa Bakari, Gouverneur de la Région de l’Extrême-Nord, faites à l’issue d’une visite des travaux de construction du complexe abritant les Services du Gouverneur le 22 janvier dernier.

Les travaux qui autrefois avaient été confiés à une entreprise grecque, se trouvent désormais entre les mains des ingénieurs camerounais. « Ce travail a été confié à l’entreprise et bureau d’étude camerounais. Et ce sont les jeunes ingénieurs sortis des écoles de formations polytechnique de Yaoundé, Douala, et Maroua qui sont à l’œuvre pour la réalisation. Nous sommes à la phase de l’installation du chantier ; avec la mobilisation de l’entreprise, de la mission de contrôle, de tous les services qui doivent accompagner la mise en œuvre de cet important projet », précise Alhadji Magra Massaou, le Coordonnateur du Programme Spécial de Reconstruction et de Développement de la Région de l’Extrême-Nord (PSRDREN).

Pour rappel, ce complexe destinés à abriter les Services du Gouverneur de l’Extrême-Nord s’étend sur une superficie de 4ha. Il est composé de cinq bâtiments de six niveaux partagés entre les services du Gouverneur et la préfecture. Il est doté des salles de réunions et d’une centaine de bureaux.

 

 

UN GANG DE VOLEURS DE MOTOS DÉMANTELÉ À KOUSSERI

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La ville de Kousseri, dans le département du Logone-et-Chari, respire un peu mieux. Grâce à une intervention rapide et une enquête minutieuse du Commissariat de Sécurité Publique du 2ème arrondissement, deux membres d’un gang spécialisé dans le vol à main armée de motocyclettes ont été appréhendés.

Tout commence dans la soirée du 29 décembre 2025. Il est 18 heures au quartier Résidentiel de Kousseri, derrière l’hôtel Kousseri Moderne, quand le sieur Ali Hassana est pris pour cible. Trois individus armés tentent de lui dérober sa motocyclette de marque Haojue. Mais la victime ne se laisse pas faire. Sa résistance, couplée à l’approche imminente d’une patrouille nocturne de la police, force les agresseurs à prendre la fuite, abandonnant sur place l’engin volé.

Saisi de l’affaire, le Commissaire de Police Youssouf Ben Bouba déploie immédiatement ses éléments. L’enquête de flagrance porte ses fruits quelques jours plus tard. Lors des opérations menées durant les nuits du 5 au 6 janvier 2026, les forces de l’ordre parviennent à mettre la main sur deux suspects clés.

Il s’agit de Hayatou Mahamat, 24 ans, et de Adoum Mahamat (alias Adoum Bargadjie), 30 ans. Ce dernier est loin d’être un inconnu des services de police : c’est un repris de justice, déjà tristement célèbre pour des faits d’assassinat et de vols de motos. Confrontés à leur victime, les deux suspects ont été formellement identifiés comme étant les agresseurs du 29 décembre.

L’interrogatoire sommaire des deux prévenus a permis de confirmer l’existence d’un véritable réseau organisé. Deux autres complices, nommés Abanchime Barka et Abba Gouda, résidant respectivement dans les quartiers Ngallo et Waly, ont été identifiés et sont activement recherchés par les autorités.

Cette opération réussie marque un point important dans la lutte contre l’insécurité transfrontalière et le grand banditisme qui touchent régulièrement la région de l’Extrême-Nord. L’enquête se poursuit au commissariat du 2ème arrondissement afin de démanteler l’intégralité de cette cellule criminelle.

Mora : Le prix de l’oignon en chute libre

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Ce qui était autre fois qualifié de « l’or rose » est à la braderie

C’est un véritable séisme économique qui secoue actuellement le département du Mayo-Sava. À Mora, le prix de l’oignon s’est effondré en l’espace de trente jours, passant de 45 000 Fcfa à seulement 8 000 Fcfa le sac. Une situation paradoxale qui soulage le panier de la ménagère tout en menaçant de ruine les producteurs locaux.

L’image est saisissante sur les places de marché de Mora. Là où, il y a encore un mois, l’oignon surnommé avec respect « l’or rose » se faisait rare et précieux, il inonde aujourd’hui chaque étal, chaque recoin de l’espace marchand. En quelques semaines, la denrée de luxe est devenue un produit que l’on brade pour une fraction de sa valeur initiale

Les chiffres donnent le tournis aux analystes comme aux commerçants. Le sac de 100 kg, qui se négociait encore à 45 000 francs CFA en décembre, s’échange désormais contre un billet de 8 000 francs CFA.

Pourtant, derrière l’euphorie des consommateurs se cache une réalité sociale brutale. Pour les agriculteurs du Mayo-Sava, le seuil de rentabilité a été franchi à la baisse depuis longtemps.

Une baisse qui impact sur le quotidien du producteur. « À 8 000 francs le sac, la vente ne permet plus de couvrir les charges élémentaires: les semences et engrais, dont les prix restent stables. Le carburant, indispensable pour faire tourner les motopompes nécessaires à l’irrigation. Nous vendons à perte », confie Yoré Payadi Joseph producteur d’oignoins dans la zone de l’arrondissement de kolofata. « Si nous ne dégageons pas de bénéfices maintenant, comment pourrons-nous planter la saison prochaine ? » s’inquiète-il.

Cette crise de surproduction met en lumière la fragilité de la filière oignon dans la région. L’absence d’infrastructures de stockage et de transformation condamne les producteurs à subir la loi de l’offre et de la demande sans aucun filet de sécurité. L’avertissement est clair : si rien n’est fait pour structurer la filière et réguler les stocks, l’abondance qui réjouit les ménages aujourd’hui pourrait bien provoquer une faillite massive des exploitations, et donc une pénurie sévère dès l’année prochaine.

Conseil Régional Extrême -Nord : La date de prestation de serment connue

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L’annonce a été faite dans un communiqué signé du président élu du Conseil Régional de l’Extrême-Nord, Pr Haman-Djalo depuis le 8 janvier 2026.

Près d’un mois après son élection à la tête de cette nouvelle collectivité territoriale décentralisée, c’est le 15 janvier 2026 que le Pr Haman-Djalo prendra officiellement les rênes de cette institution. C’est donc la Cour d’Appel de Maroua qui abritera cet événement. Le programme de l’audience y relative a été également rendu public sur les plateformes digitales du Conseil Régional de l’Extrême-Nord.

De même, le lendemain, soit le 16 janvier, aura lieu la cérémonie d’installation de l’exécutif et les membres du bureau régional de l’Extrême-Nord à la place des fêtes de Maroua en présence des autorités de cette Région. Actuellement, au siège de l’institution, l’heure est aux préparatifs de ces deux événements.

Pour rappel, l’universitaire a été porté à la tête du conseil régional de l’Extrême-Nord le 16 décembre 2025 à l’issue de la session de plein droit. Une session consacrée à l’élection du chef de l’exécutif et des membres du bureau régional pour la deuxième mandature. Le Pr Haman-Djalo, avait en face de lui, Rodo Marcel. Les votes se sont déroulés en présence du représentant de l’Etat, le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, Midjiyawa Bakari ainsi que le mandataire du Comité central du RDPC, Nganou Djoumessi, ministre des travaux publics. 90 conseillers régionaux, délégués des départements et représentants du commandement traditionnel, sont passés, chacun à son tour, à l’urne afin d’élire le chef de l’exécutif régional. Election à l’issue de laquelle, le Pr Haman-Djalo, qui officiait comme premier vice-président, remporte 74 voix contre 15 en face à Rodo Marcel et un (01) bulletin nul enregistré.

Ci-joint est le programme de la cérémonie :

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LAPEUOBE MOISE : Un Commandant de troupe très pointu

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Le commissaire a fait montre d’une maîtrise de la troupe lors de la cérémonie de port des épaulettes à certains policiers à la place des fêtes de Maroua le 12 décembre dernier

Commissaire de Police depuis 2016, LAPEUOBE MOÏSE, puisqu’il s’agit de lui n’a que 34 ans.
Né le 10 juillet 1991 à Touroua, département de la Benoué , Région du Nord, il a occupé successivement les postes cadre au CCRG/VINA en avril 2018 . Un an plus tard, (janvier 2019 ), il continue de rouler sa Boss dans la Region Château d’eau du Cameroun cette fois comme étant Commissaire spécial dans l’arrondissement de Belel.
C’est en 2021 qu’il déposera ses valises dans la Région de l’Extrême-Nord en sa qualité de Commandant du Groupement de sécurité de la ville de MAROUA.
De ses œuvres sur le terrain, plus besoin de le démontrer. Toujours présent lors des évènements, il assure le maintien de l’ordre en étant toujours accompagné de ses éléments.
Simplicité, humilié et sourire aux lèvres sont les premiers signes à travers lesquels on arrive collaborer avec lui dès le premier contact .
Ce Commissaire, titulaire du diplôme du commandant d’unité de sécurité obtenu en mai 2024 au campus de L’Eiforces à Awae est pourtant très rigoureux dans son travail. Le public de Maroua témoigne de l’ordre qu’il impose à travers les consignes directes qu’il donne et surtout les gestes de fermes lorsqu’il est à l’oeuvre.
Jouissant d’un bon grade, LAPEUOBE MOISE ne cesse de se faire former. En 2025, il devient titulaire d’un certificat de participation à la formation sur la protection des civils dans les opérations de soutien à la paix. À son palmarès, on ajoute aussi le diplôme d’état major des forces de sécurité qu’il a obtenu en juillet 2025.

Sur le plan académique, le jeune Commissaires est titulaire d’un master professionnel en sécurité internationale défense et coopération africaine à la FSJP/ UMA obtenu en 2022.
En 2023, son CV s’agrandit avec un master en Droit Public interne Option Contentieux administratif.
Remarquable est sa passion pour la communication. Il a été plusieurs écouté sur les ondes de certaines radios.

Sûreté Nationale : 236 personnels reçoivent leurs nouveaux attributs dans le Nord

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Garoua a servi de cadre,  à la cérémonie solennelle de port de galons pour les fonctionnaires de police de la région, promus à la faveur d’un récent décret présidentiel. L’événement était présidé par le gouverneur de la région du Nord.

Par MANDO KOUAMBO Armel.

C’est dans une atmosphère empreinte de solennité et de faste républicain que s’est tenue,  la cérémonie de remise d’épaulettes à la place des fêtes de Roumde Adjia, à Garoua. Ils sont au total 236 hommes et femmes de la Sûreté nationale, en service dans la région du Nord, à avoir vu leur mérite reconnu par la haute hiérarchie, suite au décret du Chef de l’État portant avancement de grades.

La cérémonie s’est déroulée sous la présidence effective du gouverneur de la région du Nord, entouré pour la circonstance du délégué régional de la Sûreté nationale par intérim, ainsi que d’un important parterre d’autorités administratives, militaires et sécuritaires.

Les heureux promus, venus des départements de la Bénoué, du Faro et du Mayo-Louti, ont arboré fièrement leurs nouvelles distinctions. La vague de promotions couvre divers corps de métier au sein de l’institution policière. On compte parmi les récipiendaires :

  •  Des Officiers de police principaux ;
  •  Des Officiers de police de 2ᵉ grade ;
  •  Des Inspecteurs de police de 2ᵉ grade ;
  •  Des Gardiens de la paix principaux et de 2ᵉ grade.

Au-delà de l’aspect festif, cet avancement sonne comme une invite à plus d’ardeur au travail. Dans son allocution de circonstance, le numéro un de la région a tenu à rappeler le poids des symboles reçus. Le gouverneur a exhorté les promus à faire preuve « d’honneur, de discipline et de loyauté ».

Il a insisté sur le fait que ces nouveaux grades impliquent de nouvelles responsabilités, notamment dans un contexte où la préservation de la paix, de la stabilité et de la sécurité des personnes et des biens demeure une priorité absolue pour le Cameroun.

Du côté des récipiendaires, l’émotion était palpable. Cette promotion est perçue comme une juste récompense des sacrifices consentis et un puissant encouragement à redoubler d’efforts pour servir la nation avec abnégation.

Garoua: l’entrée des bus électriques dans le transport interurbain

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Ce mercredi 24 décembre 2025 restera gravé dans les annales de la capitale régionale du Nord. En réceptionnant une flotte de bus 100 % électriques, la ville de Garoua ne s’offre pas seulement un nouveau réseau de transport ; elle opère une rupture technologique et écologique majeure, se positionnant comme un laboratoire pilote de la mobilité durable en Afrique centrale.

Alors que les premières brumes de l’harmattan enveloppaient la cité ce matin, c’est un tout autre souffle qui a parcouru les artères de la ville : celui de l’innovation. Sous le regard du Gouverneur de la région du Nord, Jean Abate Edi’i, le Maire de la ville, Dr Goura Beladji, a officiellement reçu les clés des véhicules de la nouvelle Société de Transport de Garoua (STG).

Loin des inaugurations protocolaires habituelles, cet événement marque un véritable « saut de grenouille » (leapfrogging) stratégique. En passant directement d’un modèle artisanal à une mobilité électrique de pointe, Garoua court-circuite les étapes classiques du développement urbain pour embrasser, dès aujourd’hui, les standards de la ville intelligente.

Pendant des décennies, se déplacer à Garoua relevait du parcours du combattant, entre l’hégémonie des moto-taxis et des véhicules thermiques vieillissants. Ce modèle fragmenté, outre son bilan carbone désastreux, bridait la productivité économique de la région.

L’entrée en scène de ces mastodontes silencieux de 47 places change la donne. Avec une autonomie annoncée de 380 km, ces bus entendent rationaliser les flux de population. Pour les experts locaux, l’équation est simple : structurer le transport de masse, c’est réduire les coûts pour les ménages et faciliter l’accès à l’emploi. « C’est une condition sine qua non pour qu’une métropole émerge véritablement », confie un observateur économique présent lors de la cérémonie.

Le choix de la motorisation électrique, via le constructeur « AK », ne relève pas du simple effet de mode. Il traduit un arbitrage financier fin entre l’investissement initial lourd (CapEx) et des coûts opérationnels réduits (OpEx). La ville fait le pari de l’indépendance face à la volatilité des cours du pétrole.

Mais le génie du « modèle Garoua » réside dans sa stratégie d’alimentation, transformant la contrainte énergétique en atout. La municipalité a conçu un système hybride et résilient :

–  L’hydroélectricité de Lagdo assurera la charge de base nocturne.

– Le solaire photovoltaïque prendra le relais via des micro-réseaux (micro-grids) pour gérer les pics de consommation et autonomiser les stations.

Souveraineté technique : éviter le « piège de l’assistance »

Consciente que l’innovation ne vaut que si elle est maîtrisée localement, la mairie a anticipé le défi de la maintenance. Trois jeunes techniciens, formés directement en Chine, sont désormais les garants de cette flotte.

Cette internalisation des compétences de la maintenance préventive à la gestion complexe des batteries est un gage de souveraineté. Garoua refuse le statut de simple consommateur de technologie pour devenir un acteur capable de piloter sa propre modernité.

L’enthousiasme populaire lors de la caravane inaugurale ne trompe pas. Dans la chaleur du Nord, ces bus climatisés aux standards « VIP » redéfinissent la dignité du transport urbain. Plus qu’un confort, c’est un signal fort envoyé aux investisseurs : Garoua est une ville compétitive, capable de consacrer 80 % de son budget à l’investissement.

Toutefois, comme l’a souligné le Gouverneur Jean Abate Edi’i en saluant cette « jeunesse audacieuse », le plus dur commence maintenant. La réussite de la STG dépendra d’une gouvernance rigoureuse : respect des tarifs, maintenance scrupuleuse et intégration intelligente face au secteur informel.

En ce Noël 2025, Garoua s’est offert bien plus que des bus : elle s’est offert une vision. Celle d’une croissance inclusive où le transport propre devient le moteur d’une transition énergétique décentralisée.