Walid Redragui
Le Lion de « la classe »
Nommé sélectionneur du Maroc quelques mois seulement avant le début du mondial 2022, il réussi à unir un groupe tout en proposant un jeu chatoyant qui a permis aux Lions de l’Atlas de valider, pour la première fois de leur histoire un ticket pour les quarts de finale de cette compétition.
Par Claude Olivier Banaken
Le peuple marocain n’oubliera jamais Walid Redragui, l’homme, qui pour la première fois a qualifié les Lions de l’Atlas en quarts de finale d’une Coupe du monde. Alors que la Fédération marocaine de football cherchait à remplacer un Vahid Halilhodzic en rupture avec une partie de son groupe, elle a misé sur Walid Regragui, entraîneur tout juste auréolé d’un doublé Ligue des champions africaine– champion du Maroc, conquis avec le Wydad Casablanca. Natif de Corbeil-Essonnes, une commune française, Walid Redragui était donc au bon endroit et au bon moment. Vainqueur de la Botola Pro 1 en 2016 avec le Fus de Rabat et entraîneur adjoint des Lions de l’Atlas entre 2012 et 2013, son expérience et on Cv ont également joué en sa faveur. Toute chose qui fait dire à Khalid Sinouh, son ancien coéquipier en sélection et ami que ce dernier « était l’homme indiqué ».
Avant de se reconvertir dans l’entraînement, Redragui a connu une carrière de joueur peut flamboyante. Passé professionnel à 24 ans (1999) à Toulouse, celui qui n’a pas connu les centres de formation a évolué 3 ans en Liga, avec le Racing Santander et cumulé 45 sélections en équipe nationale du Maroc. « C’est quelqu’un toujours de bonne humeur, qui a beaucoup d’humour et qui s’intéresse aux autres », dit de lui le Franco-Algérien Nassim Akrour, qui a côtoyé le Franco-Marocain pendant deux ans à Grenoble (2005-2007).
Chez le nouveau sélectionneur du Maroc, on décèle encore aujourd’hui l’enthousiasme, l’autodidacte et la passion d’un homme qui s’est engouffré tardivement, presque accidentellement dans la voie du professionnalisme, et qui en mesure la chance. Armé de sa générosité, Walid Regragui s’est construit une solide carrière. « Walid n’était pas le meilleur latéral droit mais il donnait toujours tout. Il jouait avec beaucoup de caractère », résume Khalid Sinouh. Ce n’est donc pas un hasard qu’on le retrouve acteur de grandes aventures collectives, telles la première montée en Ligue 1 de l’AC Ajaccio en 2002 et ascension dans l’élite de Grenoble en 2008 et la toute première qualification du Maroc en quarts de finale d’un mondial. A l’instar d’un Djamel Belmadi avec l’Algérie, joueur identifié pour son goût du sacrifice avant de devenir sélectionneur, Regragui peut faire valoir la force de l’exemple. Si lui a tout donné, il peut demander la même chose à ses joueurs. Ce qui s’est justifié à travers l’engagement des joueurs marocains à ce mondial 2022.
Walid Regragui n’est pas du genre à imposer. Franc mais pas cassant, il préfère convaincre. « Walid a connu beaucoup d’expériences et je pense qu’il sait s’adresser à chacun de ses joueurs », estime Khalid Sinouh.
Walid Regragui a un œil, une méthode et sait mobiliser ses troupes. Si sa carrière de joueur a tenu à un fil, qu’il l’ait poursuivie comme entraîneur n’a pas étonné grand monde. Surtout pas Rolland Courbis, son coach en Corse de 2001 à 2003. « J’ai eu un joueur comme Zidane et jamais je n’aurais pensé qu’il devienne entraîneur. Encore moins qu’il aimerait ça. Walid, c’est l’inverse. J’aurais été surpris s’il n’avait pas été entraîneur. Déjà, dans sa façon de réfléchir, de s’adresser à ses coéquipiers, on sentait qu’il était fait pour ça. »
Photo. Redragui
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