Extrême-Nord
Il s’agit de Mme Satrebai Suzanne, Conseillère Regionale et Présidente d’une Association de la place. Elle explique ses motivations dans cette interview
Quel est l’objectif voulu à travers cette prise en charge des frais de scolarité des élèves et pourquoi choisir un nombre plus grand de filles que de garçons ?_
En tant que fille du terroir ayant grandi dans les réalités difficiles de Lalawaï, je sais que beaucoup de familles sont confrontées à des défis économiques qui compromettent l’éducation de leurs enfants, particulièrement des filles. L’objectif de cette initiative est de réduire les barrières financières qui freinent la scolarisation et d’encourager l’égalité des chances. Nous avons choisi de prioriser les filles car elles sont souvent les premières à être retirées de l’école pour des raisons culturelles ou économiques. En soutenant un plus grand nombre de filles, nous voulons leur donner une chance de réussir, de s’affranchir des limitations sociales et de devenir des modèles dans leur communauté.
Pourquoi avoir choisi de couvrir les frais d’examen ? (habituellement, les gens offrent plutôt l’acte de naissance, des tables bancs, des cahiers)
Les frais d’examen représentent un obstacle crucial à la fin de chaque année scolaire. Bien souvent, des élèves brillants n’arrivent pas à passer leurs examens simplement parce que leurs parents ne peuvent pas payer ces frais. Nous avons opté pour cette prise en charge car elle garantit que ces élèves pourront terminer leur cycle scolaire sereinement et prétendre à une poursuite d’études. Cela permet aussi d’envoyer un message clair : chaque étape de l’éducation mérite un soutien concret.
Pourquoi avoir choisi les élèves de l’école primaire de Lalawaï et non d’autres établissements primaires ?
Je suis native de Lalawaï et j’ai été témoin des réalités quotidiennes de cette communauté. J’ai grandi dans des conditions similaires, et c’est grâce à l’éducation que j’ai pu m’en sortir et fonder African Community Engagement-ACE. En retour, il est important pour moi de commencer par apporter de l’espoir dans ma localité natale, en soutenant les enfants de cette école qui pourraient être les leaders de demain. Lalawaï est mon point de départ, mais ce n’est que le début d’une initiative que nous espérons étendre à d’autres localités.
Quel est votre sentiment après cet acte de charité ?
Je ressens une profonde gratitude et une immense satisfaction d’avoir pu redonner à ma communauté une partie de ce que j’ai reçu dans la vie. C’est aussi un moment d’émotion, car je vois en ces enfants des versions de moi-même à leurs âges. Cet acte me rappelle que l’éducation est un puissant levier de transformation, et je suis honorée de pouvoir contribuer à bâtir un avenir meilleur pour ces jeunes.
Quel est votre message à l’endroit de ces enfants bénéficiaires et aux autres élèves des établissements primaires de la place ?
À ces bénéficiaires, je voudrais dire : « Croyez en vos rêves et dans le pouvoir de l’éducation. Ce soutien est un petit pas, mais c’est à vous de faire le grand saut vers votre réussite. » Aux autres élèves, je lance un message d’espoir : « Chaque enfant mérite une chance de réussir. Travaillez dur, restez courageux face aux défis, et sachez que des opportunités viendront à vous aussi. » Je veux que tous sachent que je suis avec eux, et que leur succès sera celui de toute notre communauté.
Dorcas EKUPE





