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Une femme couvre les frais d’examen au CEP aux élèves d’une école

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Extrême-Nord

Il s’agit de Mme Satrebai Suzanne, Conseillère Regionale et Présidente d’une Association de la place. Elle explique ses motivations dans cette interview

Quel est l’objectif voulu à travers cette prise en charge des frais de scolarité des élèves et pourquoi choisir un nombre plus grand de filles que de garçons ?_

En tant que fille du terroir ayant grandi dans les réalités difficiles de Lalawaï, je sais que beaucoup de familles sont confrontées à des défis économiques qui compromettent l’éducation de leurs enfants, particulièrement des filles. L’objectif de cette initiative est de réduire les barrières financières qui freinent la scolarisation et d’encourager l’égalité des chances. Nous avons choisi de prioriser les filles car elles sont souvent les premières à être retirées de l’école pour des raisons culturelles ou économiques. En soutenant un plus grand nombre de filles, nous voulons leur donner une chance de réussir, de s’affranchir des limitations sociales et de devenir des modèles dans leur communauté.

Pourquoi avoir choisi de couvrir les frais d’examen ? (habituellement, les gens offrent plutôt l’acte de naissance, des tables bancs, des cahiers)

Les frais d’examen représentent un obstacle crucial à la fin de chaque année scolaire. Bien souvent, des élèves brillants n’arrivent pas à passer leurs examens simplement parce que leurs parents ne peuvent pas payer ces frais. Nous avons opté pour cette prise en charge car elle garantit que ces élèves pourront terminer leur cycle scolaire sereinement et prétendre à une poursuite d’études. Cela permet aussi d’envoyer un message clair : chaque étape de l’éducation mérite un soutien concret.

Pourquoi avoir choisi les élèves de l’école primaire de Lalawaï et non d’autres établissements primaires ?

Je suis native de Lalawaï et j’ai été témoin des réalités quotidiennes de cette communauté. J’ai grandi dans des conditions similaires, et c’est grâce à l’éducation que j’ai pu m’en sortir et fonder African Community Engagement-ACE. En retour, il est important pour moi de commencer par apporter de l’espoir dans ma localité natale, en soutenant les enfants de cette école qui pourraient être les leaders de demain. Lalawaï est mon point de départ, mais ce n’est que le début d’une initiative que nous espérons étendre à d’autres localités.

Quel est votre sentiment après cet acte de charité ?

Je ressens une profonde gratitude et une immense satisfaction d’avoir pu redonner à ma communauté une partie de ce que j’ai reçu dans la vie. C’est aussi un moment d’émotion, car je vois en ces enfants des versions de moi-même à leurs âges. Cet acte me rappelle que l’éducation est un puissant levier de transformation, et je suis honorée de pouvoir contribuer à bâtir un avenir meilleur pour ces jeunes.

Quel est votre message à l’endroit de ces enfants bénéficiaires et aux autres élèves des établissements primaires de la place ?

À ces bénéficiaires, je voudrais dire : « Croyez en vos rêves et dans le pouvoir de l’éducation. Ce soutien est un petit pas, mais c’est à vous de faire le grand saut vers votre réussite. » Aux autres élèves, je lance un message d’espoir : « Chaque enfant mérite une chance de réussir. Travaillez dur, restez courageux face aux défis, et sachez que des opportunités viendront à vous aussi. » Je veux que tous sachent que je suis avec eux, et que leur succès sera celui de toute notre communauté.

Dorcas EKUPE

Danjouma Bobbo Beloko raccroche définitivement son micro

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Le journaliste du média public Cameroon Radio and Television ( CRTV) à la retraite a tiré sa révérence très tôt le matin du vendredi 18 octobre 2024 de suites de maladie, dans l’Adamaoua, sa région d’origine.


Ouvert, confiant et concilant; ce sont ces mots qui peuvent d’écrire Danjouma Beloko. »Danjouma a loyalement et longtemps servi à la CRTV Nord avant d’être affecté à la station régionale de l’Adamaoua où il va terminer son service de journaliste »; voici le témoignage de OUMAROU BOUBAKARY, reporter à la CRTV Nord, un des collaborateurs du désormais défunt. En effet, il a occupé plusieurs postes au sein de ce média public, notamment le poste de chef de Service des Affaires Administratives et Financières et de Rédacteur en Chef à CRTV Nord; et il nous a encadré.
Au-delà de ces tâches, » il a fortement contribué au sein du Desk Sport, dans la même station, au point d’être reconnu comme l’un des journalistes qui a fait une grande promotion et de la communication sur le club mythique du Septentrion » témoigne un autre journaliste de la CRTV Adamaoua, son dernier poste de service. Il s’est illustré par un engouement auprès des structures et entreprises qu’il a côtoyées toute sa vie, à l’instar de Coton Sport de Garoua. Sa voix et sa détermination lui ont été d’une qualité singulière que ses auditeurs et collègues lui avouent au moment où il s’en va. Jusqu’au soir de son séjour sur terre, il a prêté ses services au Conseil Régional de l’Adamaoua en créant une émission thématique propre à cette nouvelle Institution.
Force a été de remarquer, à l’annonce de son décès ce matin du 18 octobre 2024, de nombreux témoignages des journalistes privés et publics, à travers leurs différentes plateformes sur ses oeuvres. « On retient de Danjouma, un homme affable et serviable qui quitte la CRTV en laissant un grand vide difficile à combler. »
Par Aron BAGOYDI

Les dessous de l’assassinat du prêtre Christophe Badougou Komla à Yaoundé

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Le Diocèse de Yagoua serait en pleine réflexion sur l’organisation des obsèques du Père Christophe Badougou Komla. Ce dernier est le curé de la Paroisse Saint Pierre et Paul de Zouzoui, Région de l’Extreme-Nord, une des paroisses dudit Diocèse.


De fait, dans la soirée du 9 octobre 2024, le prêtre a été abbatu à bout portant à l’aide de balles par deux individus. Ces derniers étaient à bord d’une moto alors que le prêtre se trouvait devant le portail du provincialat des CICM ( Coeur Immaculé de Marie) de Yaoundé à Mvolyé. Des sources indiquent que le prêtre aurait pris un taxi qui l’avait déposé au Carrefour dit « club France ». Arrivé à l’entrée dudit provincialat ( la maison d’accueil), deux personnes à bord d’une moto auraient tenté d’arracher son sac. Il semble qu’il s’est défendu. C’est alors qu’il aurait reçu des balles tirées par les assaillants et qui avaient pris fuite par la suite et auraient réussi à s’échapper par le cimetière qui se trouvait à côté. Le corps était resté au sol, juste à l’entrée de la résidence dans laquelle il aurait dû passer la nuit avant de décoller pour Rome pour une mission. Lequel corps a été déposé à la morgue de l’hôpital régional de Yaoundé. Une enquête ouverte a été ouverte à cet effet.
Le Père Christophe Badougou Komla est de nationalité togolaise. Il appartient à la Congrégation des Ouvriers Silencieux de la Croix. Il a séjourné à Mbouda dans la région de l’Extreme-Nord précisément à la Fondation Bethléem où il a été consacré Prêtre avant d’être affecté comme curé à la Paroisse de Zouzoui à environ une dizaine de kilomètres.

30 tombes dépouillées à Pouss ( Extrême-Nord)

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Trafic d’ossements humains

Trois suspects en possession d’ossements humain avaient été interpellé à Yaoundé il y a quelques jours, au quartier Mvan à Yaoundé. En possession des restes complets d’un individu, les suspects âgés entre 25 et 30 ans sortaient de Maroua. Leur exploitation a conduit les éléments du service des recherches judiciaires et de la lutte contre le grand banditisme dans la localité de Pouss, village situé dans l’arrondissement de Maga, département du Mayo-Danay, région de l’Extrême-Nord. Sur le site, ils découvrent près de 30 tombes dépouillées dans un cimetière. D’une valeur de six millions de F, le squelette saisi était destinée à un acheteur expatrié. Des ossements qui, d’après les pandores, servent à la production d’une drogue dure, communément appelée le « caillou » dont le gramme est vendu à 75 000 F. Les trois suspects seront présentés dans les prochains jours devant le procureur de la République.

Le projet de réduction des besoins humanitaires lancé dans 12 communes

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C’est l’objet d’un atelier qui a regroupé des acteurs multi-niveaux au cercle municipal de Maroua du 17 au 19 septembre 2024

« Ce projet arrive dans une période de situation humanitaire compliquée pour la Région parce que nous sommes face à une inondation catastrophique et dévastatrice. Et en tant qu’humanitaire, nous présentons toute solidarité et notre humanité envers les populations qui sont affectées. Nous allons travailler avec ces communautés sur l’identification des risques, sur les menaces mais également mettre en place des mécanismes à différents niveaux : communautaire, communale, départementale et même régional pour renforcer la capacité d’anticipation des chocs ». Cette explication est de M. Abdoulaye Imalan Boukary, Coordonnateur des urgences au Cameroun. C’était à l’occasion du lancement officiel du projet des besoins humanitaires dans l’Extrême-Nord qui a eu lieu au Cercle municipal de Maroua présidée par le représentant du Gouverneur de la Région M. Sidi Albert, Chef de la Division des affaires économiques, sociales et culturelles en présence de plusieurs représentants des administrations et Maires des Communes.

Ce projet financé par l’Union Européenne provient d’un consortium constitué des organisations des nations unies Food and Agricultural Organisation (FAO), Fond des Nations Unies pour les activités en matière de population (UNFPA), Action Contre la Faim et des partenaires relevant des organisations de la société civile nationale et des services techniques spécialisés. L’objectif est de réduire la vulnérabilité aux chocs récurrents des communautés rurales en particulier les femmes et les filles, les jeunes et les personnes vivant avec un handicap par le renforcement de leur niveau de préparation et d’anticipation dans la dignité et la protection dans 12 communes de l’Extrême-Nord. Il s’agit des communes de Koza, Mora, Tokombéré (Mayo-Sava) ; Waza, Logone-Birni, Kousseri, Goulfey, Makary, Fotokol, Blangoua (Logone et Chari) ; Guéré et Gobo (Mayo-Danay).

Les actions pour réduire les besoins humanitaires s’appuient sur les mécanismes locaux existant notamment les communautés mais aussi, les comités qui seront mis en place au niveau de communes dont les capacités seront renforcées à travers plusieurs formations sur la connaissance des risques mais également aussi comment est-ce qu’on peut intégrer les risques dans la façon de travailler, sur l’anticipation des risques.

Par Odette MATIMA

 

Inondations dans l’Extrême-Nord

Le pont du centre-ville de Yagoua s’effondre

L’ouvrage de plus de 40 ans qui s’est écroulé sur la régionale R0906 dans la matinée de jeudi 12 septembre 2024 interpelle plus d’un.

Une foule nombreuse était mobilisée cette matinée de jeudi sur le pont qui relie le centre-ville de Yagoua (Extrême-Nord) avec d’autres localités pour rejoindre pour les uns et les autres, l’autre bout du fleuve, à l’effet de mener leurs activités lucratives, Comme il est de coutumes tous les jeudis, jour du marché dans ce cœur du département. L’ouvrage qui assure le franchissement de la rivière Danay : Yagoua-Pouss-Tékélé-Zina-Kousseri s’est effondré. « Le pont a cédé à cause de la pression des eaux de la rivière Danay, l’un des affluents du Logone. Je suis venu ce matin uniquement pour voir l’état de la chose car on en a parlé dans mon quartier », s’exclame un résidant de Yagoua.

Une situation de plus qui vient s’ajouter aux nombreux lots des difficultés liées aux inondations que traversent les habitants dans ce département. « Les inondations ont affecté l’ensemble des 11 arrondissements du Mayo-Danay, touchant principalement Maga (58 000 personnes), Kaikai (43 000 personnes), Vélé (40 000 personnes), Bogo (3 774 personnes), Gara (3 300 personnes), (Guere 1 800 personnes), Tchatibali (4 600 personnes), Wina (4 200 personnes). Le secteur éducatif est fortement impacté : 42 écoles secondaires sur 111 et 185 écoles primaires de 70 000 élèves et 705 enseignants (sur 686 écoles primaires) sont fermées. Les infrastructures de santé sont également touchées, avec 4 formations sanitaires inondées, dont le district de santé de Yagoua », renseigne l’équipe OCHA à l’issue de la réunion du Comité départemental de prévention et de gestion des inondations du Mayo-Danay présidée par le Prefet Jean Lazare Ndongo Ndongo.

De son côté, le Ministère des Travaux Publics (MINTP) a mobilisé une équipe technique pour une évaluation et une proposition de solutions. « Après les premières inspections réalisées par les équipes du Ministère des Travaux Publics dans la région de l’Extrême-nord, encadrées par les autorités locales, deux solutions sont envisagées, notamment, l’approvisionnement en éléments de dalots de dimensions adaptées auprès de l’équipe-projet du pont sur le fleuve Logone entre Yagoua et Bongor ou la mobilisation des éléments IPE disponibles à la Délégation Régionale des Travaux Publics de l’Extrême-nord. Ces solutions envisagées doivent faire l’objet d’un examen technique rapide pour le déploiement des équipes sur le terrain.

Soulignons que c’est une situation qui retient également l’attention des élites de ce Département à l’instar de Mounouna Foutsou, Daniel Kalbassou de concert avec des responsables des administrations et certains chefs traditionnels, qui depuis ces derniers temps organisent des réunions et de réflexions en vue de trouver des solutions à long terme pour la gestion non seulement les inondations et leurs conséquences mais également les conflits internes.

Odette Matima

Le rêve brisé d’une réfugiée Nigériane du camp de Minawao

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Aicha Abubakar, âgée 17 ans, réfugiée au camp de Minawao a vu son avenir s’éloigner avec amertume. Elle qui espérait devenir médecin, mais aujourd’hui, son rêve est menacé alors que sa famille est contrainte de rentrer au Nigéria.

Agée 17 ans, Aicha Abubakar, élève en classe de 3e au lycée Bilingue de Minawao, a fui Boko Haram du côté du Nigéria avec sa famille il y a 10 ans, trouvant refuge au camp de Minawao, situé à l’Extrême-Nord du Cameroun. Malgré les conditions difficiles du camp, elle s’était accrochée à son rêve de devenir médecin, persuadée que l’éducation serait son échappatoire. Cependant, la situation dans le camp s’est détériorée ces derniers mois. Les partenaires du haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ont définitivement suspendu leur aide alimentaire aux réfugiés du faite du déficit de financement, laissant des nombreuses familles comme celle d’Aicha Abubakar dans une situation de plus en plus précaire. Cette rupture de l’assistance alimentaire vitale aux réfugiés, a contraint de nombreux réfugiés Nigérians de Minawao à envisager un retour volontaire au Nigéria, malgré les incertitudes et les dangers qui planent encore de ce côté-là ; surtout quand on sait que les factions issues de Boko Haram continuent de s’en prendre aux habitants. A ce spectre d’insécurité imposé par les terroristes, s’ajoute la dégradation de la situation économique due à la chute de la monnaie Nigériane : le Naïra.

Pour Aicha Abubakar que nous avons rencontré ce vendredi 9 août 2024 en train de faire ses valises aux côtés de ses parents pour retourner dans son Banki natal en territoire Nigérian, ce retour bien que volontaire est un coup dur. « J’ai toujours rêvé de devenir médecin, de soigner les gens et surtout ma communauté, mais maintenant je ne sais pas si je pourrais continuer mes études au Nigéria. Tout est tellement incertain », confie-t-elle, les larmes aux yeux. Au Nigéria, l’avenir d’Aicha Abubakar est incertain. Les infrastructures scolaires sont souvent défaillantes dans les zones affectées par Boko Haram. La jeune fille, qui s’était adaptée à la vie scolaire au Cameroun, craint de ne pas pouvoir poursuivre son éducation à l’effet de réaliser son ambition. Elle voit son rêve d’être médecin s’éloigner, alors que sa famille se prépare à retourner dans un environnement qui pourrait ne pas lui offrir les mêmes opportunités.

Le cas d’Aicha Abubakar illustre à suffire les défis auxquels sont confrontés les réfugiés dans des situations de rapatriement volontaires. Alors que l’aide internationale est interrompue, des vies et des rêves sont en jeu. Pour Aicha Abubakar et tant d’autres, l’avenir est incertain, et leurs espoirs risquent de s’éteindre avant d’avoir pu se réaliser. La seule certitude pour l’instant, c’est de retourner malgré eux au pays qui les a vus naitre dans l’espoir de voir les choses changer. C’est ce qui a donc animé les quelques 252 réfugiés Nigérians issus d’une cinquantaine de ménages qui ont volontairement décidé regagner leurs pays natal plutôt que de périr dans un camp de réfugiés, sevré de toute assistance humanitaire. Ils ont quitté le camp le 10 Août dernier et ont été conduit jusqu’à la frontière entre le Cameroun et le Nigéria.

Le rapatriement volontaire de ces 252 réfugiés Nigérians a été organisé par le Haut-commissariat pour les Réfugiés (Hcr) sous la supervision de la cheffe du bureau, Kimberly Roberson, de concert avec le Cameroun, pays d’accueil et le Nigeria. L’émissaire Nigérian, l’honorable Lawan Abba Wakiné a rassuré de ce que la sécurité est revenue dans leurs localités et des dispositions prises pour l’accueil de leurs compatriotes. Il n’a pas manqué de remercier les autorités camerounaises et les populations hôtes pour leur hospitalité et l’accueil réservé à leur ressortissants.

Il est à rappeler que pour les mêmes raisons, environ 10 mille autres refugiés Nigérians ont manifesté leur volonté de repartir dans le pays. Ceci sans compter ceux qui ont déjà quitté le camp clandestinement.

Par Célestin TABOULI Succès

Entretien exclusif avec le Professeur Jean Marie Wounfa, sur le 3e colloque international tenu du 7 au 9 juin 2024 à Ngaoundéré dans la région de l’Adamaoua au Cameroun

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Entretien exclusif avec le Professeur Jean Marie Wounfa, sur le 3e colloque international tenu du 7 au 9 juin 2024 à Ngaoundéré dans la région de l’Adamaoua au Cameroun

(Pr Jean Marie Wounfa est, par ailleurs, Chef du Département des Sciences du Patrimoine à l’Université de Ngaoundéré)

Mbnpress.net : Bonjour Professeur et merci de répondre à nos questions. Un colloque international qui réunit les universitaires et chercheurs : quel en est le but ?

Pr Wounfa : Tous mes remerciements à mbnpress.net pour cet entretien que vous me faites l’honneur de décliner au nom de LIPAC, c’est-à-dire le Laboratoire des Imaginaires et Pensées Africains Contemporains dont le Dr Guedeyi Yaeneta Hayatou et moi-même avons eu l’initiative. C’est en effet dans le cadre des missions de ce Laboratoire que nous avons pu organiser, et pour la troisième fois, des rencontres scientifiques dont le dernier Colloque international sur la question environnementale. Celui-ci avait pour thème : Dire la nature, imaginer le vivant : la conceptualisation environnementale africaine. Il était question justement de nous interroger sur la manière dont les Africains pensent l’environnement, c’est-à-dire de faire une incursion dans l’imaginaire écologique africain. Nous partons d’un constat assez simple, celui selon lequel l’écologie a été longtemps considérée comme une science presque exclusivement occidentale. En fait, même si les pays du Nord semblent s’y intéresser particulièrement, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un champ de préoccupation universel dont les origines sont séculaires. Abordant la pensée écologique africaine, il s’agit de relever un défi en rassemblant des chercheurs africains venus des divers horizons, relevant de diverses disciplines et qui, dans une perspective transdisciplinaire, pouvaient durant deux à trois jours, s’interroger ou tout au moins mettre ensemble leurs connaissances, les résultats des travaux qu’ils mènent séparément dans différents Laboratoires, dans différentes universités pour non seulement apporter notre modeste contribution mais également faire retentir les cloches de l’Ecole écologique africaine.

Mbnpress.net : Parlant justement des Africains, il y a eu plus des jeunes qui sont venus des trois régions septentrionales du Cameroun qui étaient associés à ces joutes intellectuelles. Quel était leur motivation ?

Pr Wounfa : Il y a eu un réel engouement, comme l’atteste le nombre des réactions à l’appel que nous avons lancé, soit environ soixante (60) dont une quarantaine a été retenue. Il est vrai qu’aujourd’hui chacun d’entre nous subit au quotidien les perturbations liées au réchauffement climatique, aux effets anthropiques sur l’environnement, aux pressions de toutes sortes sur la nature. Il était vivement souhaitée la participation aussi bien des chercheurs chevronnés que des jeunes car le LIPAC pense à l’avenir. Nous qui en sommes les fondateurs savons que nous passerons, que la science doit demeurer et que le LIPAC doit continuer de vivre afin de continuer d’adresser les problématiques comme celle qui était au cœur de ce troisième colloque international. Je dois signaler ici que les participants venaient de nombreuses universités camerounaises, notamment celles de Dschang, Yaoundé, Maroua, Ngaoundéré et Douala. Des collègues ont effectué le déplacement du Congo, de la Côte d’Ivoire et des Etats-Unis. Nous avons eu droit à des communications à distance à partir du Canada. C’est dire que le caractère international du Colloque et du LIPAC est avéré ainsi que la place qui est accordée à la jeunesse. Celle-ci est particulièrement interpellée par la thématique très actuelle rattachée à l’environnement.
Comme vous le disiez justement, la partie septentrionale était très majoritairement représentée ; et je dois dire que c’est la partie du Cameroun qui est probablement la plus confrontée aux problèmes environnementaux. Les étudiants intéressés par cette problématique dans leurs travaux de recherche sont partis du Tchad voisin et des quatre coins du septentrion camerounais pour participer. Certes tous n’avaient pas des communications à présenter mais ils ont tenu à être là pour échanger avec les panelistes afin de comprendre et d’en tirer ce qui pouvait enrichir les travaux de recherche qu’ils sont en train de mener.

Mbnpress.net : Est-ce là l’innovation ? Sinon quelle était la particularité de cette troisième rencontre scientifique?

Pr Wounfa : il n’est pas inutile d’insister sur la fait que plusieurs communicants sont des doctorants qui, dans le contexte actuel, doivent nécessairement publier au moins un article tiré de leur thèse afin de remplir l’une des exigences qui en détermine la soutenance.
La particularité de cette rencontre scientifique, c’est aussi et surtout, qu’elle s’inscrit tout comme les précédentes dans la pluridisciplinarité, voire la transdisciplinarité. Nous avons enregistré la participation des géographes, entomologues, historiens, littéraires, linguistes, anthropologues et archéologues. Par ailleurs, nous nous inscrivons dans une perspective de recherche décomplexée et décoloniale. Ici, toutes les sciences se valent et méritent d’être prises en considération dans le concert des contributions attendues. De même, les clivages entre « jeunes » et « vieux » chercheurs, entre « assermentés du Nord » et « non assermentés du Sud », n’existent pas.
Et c’est l’occasion pour nous de dire que de plus en plus le public comprend que la littérature tout comme la linguistique et bien d’autres disciplines sont des « sciences- carrefours ». Vous conviendrez que d’aucuns peuvent se poser des questions de savoir qu’est-ce que la littérature vient chercher dans les questions d’ordre environnemental. Ce terrain fertile est abordé par les critiques littéraires à travers des grilles d’analyse et des théories spécifiques baptisées Ecocriticism par les anglosaxons et connue en France sous la désignation de l’écologie littéraire qui s’est muée aujourd’hui en écopoétique. Nous pouvons également signaler l’écolinguistique qui tissent alors avec la science de la litterature un champ disciplinaire écocritique dont nous nous sommes appropriés la portée et les contours pour construire en concert avec les autres disciplines une approche ethno-écologique au travers de laquelle les artefacts, pratiques anciennes reflétant les savoirs locaux, tout comme les textes écrits ou oraux sont analysés afin d’appréhender l’imaginaire écologique des sociétés africaines et de dégager les multiples facettes, implications et enjeux de la relation entre l’homme noir et la nature.
En effet, dans la perspective africaine, c’est très intéressant de le noter comme nous avons eu à le dire dans la leçon inaugurale de ce colloque, l’Africain et la nature entretiennent une relation fusionnelle qui est attestée quand nous passons en revue non seulement les vestiges (objets anciens retrouvés sur des sites archéologiques) et les croyances (pratiques et rites) mais également les contes, proverbes, chants, mythes, légendes qui témoignent de la variété et profondeur des considérations ou représentations dont la nature est l’objet en Afrique.
Il était donc question, pour nous, de répondre à la question de savoir avec quels outils, théories et méthodes spécifiques nous devons aborder les questions environnementales endogènes. Nous nous réjouissons de nous être libérés d’un complexe qui confine généralement les chercheurs africains à ressasser les formules étrangères qui s’appliquent mal aux réalités du continent noir.

Mbnpress.net : La question du changement climatique est urgente et très actuelle dans les régions septentrionales du Cameroun. Alors, qu’est-ce que ce colloque a pu apporter comme plus-value afin de solutionner ce problème environnemental ?

Pr Wounfa : Véritablement il n’était pas question pour nous de trouver une solution concrète à ces problèmes-là. Ce n’est pas le but des sciences sociales qui, elles, tentent de comprendre, parfois, en s’efforçant de revisiter l’histoire afin d’aider les populations à se réapproprier les savoirs anciens susceptibles d’être adoptés comme solutions. Pour ce qui est de l’environnement du Grand Nord Cameroun, certains participants ont interrogé l’imaginaire des peuples de cette région ainsi que leurs connaissances et modes de résilience face aux problèmes environnementaux depuis des siècles. Le phénomène des cataclysmes, inondations et tous autres problèmes environnementaux n’etant pas nouveau, nous ne saurions penser que c’est à partir du moment où les Occidentaux en ont fait une préoccupation qu’ils sont devenus une constante dans les discours africains. Les contes et les mythes ainsi que les rites aident à comprendre et affronter certaines conditions naturelles fort anciennes auxquels l’humanité doit s’adapter, apprendre à les dompter à défaut de s’y incarner dans une logique de fusion perçue comme méthode de compréhension et de solution pérenne. Il s’agit là d’une position de l’Africain qui ne convoite pas la nature, mais en ressent les besoins qu’il s’efforce de satisfaire tout comme celle-ci, en retour, lui offre les moyens de son autosatisfaction. Ainsi, l’homme noir a sa manière de concevoir la nature, de vivre sa nature et même de vivre dans et avec la nature.

Mbnpress.net : Quelle sera l’issue de ce colloque ?

Pr Wounfa : C’est une tradition de LIPAC qui, au terme de chaque colloque se fait le devoir d’en publier les actes. Nous en sommes à la troisième édition ; les ouvrages tirés des deux premières éditions sont disponibles, et nous travaillons déjà sur celui de l’an prochain, parce que pour nous, un colloque doit être projeté, et nous projetons toujours sur une durée d’au moins une année. Je suis sûr qu’au prochain colloque les Actes issus de celui qui vient de se tenir seront disponibles.

Mbnpress.net : Un dernier mot ?

Pr Wounfa : Un dernier mot, j’invite la jeunesse, qui déjà montre un très grand intérêt à ce que nous faisons, à ne pas baisser les bras. La porte reste grandement ouverte à tous ceux qui souhaitent s’inscrire dans la philosophie de recherche qui nous est chère : transdisciplinarité et approche décomplexée. Le LIPAC n’est pas l’affaire exclusive des littéraires ou des géographes, encore moins des historiens, non. C’est un Laboratoire pluridisciplinaire, et c’est pour cela que les thématiques que nous abordons sont celles-là qui nécessitent un regard croisé. La porte est ouverte et nous enjoignons les collègues, les doctorants, les jeunes chercheurs, les chercheurs de tous horizons, de nous rejoindre pour qu’ensemble nous essayions de bâtir la perspective africaine de la recherche scientifique sur les questions diverses et les plus urgentes qui interpellent la réflexion ou des solutions immédiates.

 

Plus de 170 établissements scolaires d’enseignement secondaires clandestins fermés

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Pour cause faute d’autorisation de création et d’ouverture, le ministre des enseignements secondaires a à travers une décision fermé ces établissements scolaires à travers le pays.

Le Gouvernement Camerounais à travers le ministre des enseignements secondaires, Nolova LYONGA vient d’ordonner la fermeture d’au moins 171 établissements d’enseignement secondaires privés dans les dix régions du pays. Un arrêté signé depuis le 15 juillet 2024 exclut donc ces établissements secondaires sur le territoire national. Plus précisément, 10 établissements ont été fermés dans la région de l’Adamaoua, 46 dans le Centre, 5 à l’Est et 67 dans le littoral. La région de l’Extrême-Nord est la moins touchée avec seulement 1 établissement fermé. Les régions du Nord, du Nord-Ouest et du Sud ont respectivement fermé 5, 7 et 6 établissements tandis 12 écoles ont été fermés dans chacune des régions de l’Ouest et le Sud-Ouest.

En effet, cet arrêté fait suite au rapport de la Brigade nationale de contrôle des établissements privés d’enseignement secondaire. Il ressort de ce rapport que plusieurs ces établissements secondaires fonctionnaient jusqu’ici dans l’illégalité. Faute d’actes de création et d’ouverture, environnement inadapté à l’activité scolaire, ou encore le défaut d’acte d’extension pour les sections francophone, anglophone ou bilingue sont entre autres les motifs ayant conduit à la fermeture de tous établissements à travers le triangle national.

Cette mesure ministérielle, prise à la veille de la rentrée scolaire, a des répercussions significatives sur les parents et élèves inscrits dans ces établissements. En effet, ces derniers se retrouvent subitement confrontés à la nécessité de trouver des places disponibles dans d’autres écoles, une tâche qui s’annonce ardue compte tenu de l’urgence de la situation. Les parents, désemparés, doivent désormais faire face à cette nouvelle équation, tentant tant bien que mal de garantir une continuité éducative à leurs enfants dans des conditions loin d’être idéales.

Il est rappelé que cette décision de fermeture de ces établissements intervient non seulement à moins de deux mois de la rentrée scolaire 2024-2025, mais aussi au lendemain du choc dû au taux de réussite au baccalauréat extrêmement en baisse, soit 37,26 % contre 75,73 % l’an dernier.

 

Extrême-Nord : Un incendie dévore 1 500 tonnes de coton graine au dépôt de la Sodecoton de Maroua L’incendie dont l’origine reste inconnue a été maitrisé tard dans la soirée grâce au déploiement des sapeurs-pompiers Une enquête est ouverte pour déterminer l’origine du feu.

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L’incendie dont l’origine reste inconnue a été maitrisé tard dans la soirée grâce au déploiement des sapeurs-pompiers Une enquête est ouverte pour déterminer l’origine du feu.

Un violent incendie s’est abattu sur la société cotonnière, base de Maroua ce Mardi 9 Avril 2024. C’est aux encablures de 12h, selon les responsables de l’entreprise que l’incendie a été déclenché. Au total trois silos de 500 tonnes sur les dix qu’il y avait ont été complétement dévorés par les flammes en furie. Une fille et une femme intoxiquées par la fumée et évacuées à l’hôpital régional de Maroua sont hors de danger. N’eut été la prompt intervention et le professionnalisme des éléments du 40e groupement du corps des sapeurs-pompiers, les pire se serait produit. En effet, après le déclenchement de l’incendie, les soldats du feu sous la conduite du Lieutenant-colonel Patrick Djaoyang Djorwé, alertés, se sont aussitôt déployés sur le terrain à l’effet de circonscrire le feu. Des opérations de opérations de sauvetage et d’extinction ont été menées ça et là pour empêcher la propagation des flammes ; et ce n’est que vesr 18h que les feu a été complétement maitrisé. « Aux environs de 12h, nous avons été sollicité pour un cas d’incendie ici à la Sodecoton de Maroua. A notre arrivée, nous avons trouvé trois silos de coton en feu sur les dix qu’il y avait. Et chaque silos fait environ 500 tonne de coton graine. Nous nous sommes immédiatement jetés dans la bataille ensemble avec les sapeurs-pompiers de la Sodecoton ; parce que la Sodecoton a des sapeurs-pompiers formés. L’eau étant disponible sur place, parce que la Sodecoton dispose de bouches d’incendie. Les pompiers se sont mis au travail pour empêcher la propagation du feu. Tout est mis en œuvre pour battent circonscrire les flammes et la fumée » ; A confié du Lieutenant-colonel Patrick Djaoyang Djorwé, Commandant du 40e groupement des Sapeurs-Pompiers de l’Extrême-Nord.
Le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, Midjiyawa Bakari qui est allé s’enquérir de la situation sur le terrain a prescrit une enquête mixte pour que lumière soit faite sur l’origine du feu. « Nous allons dans les heures qui suivent connaitre les causes exactes de cet incendie. Néanmoins, il faut souligner que nous sommes au mois d’avril où il fait actuellement 45° à l’ombre. Avec le vent qui est là et le coton qui est un produit hautement inflammable, je crois que ce sont également des facteurs qu’il faut également prendre en compte » A laissé entendre le patron de la région.
Il faut souligner que c’est tard dans la soirée, vers 18h que le feu a été complètement maitrisé. Em plus des soldats de feu déployés sur le terrain pour le besoin de la cause, les éléments de la Légion de gendarmerie de l’Extrême-Nord et du commissariat Central de Maroua ont été également mis à contribution sur le terrain à l’effet de sécuriser les installations de la Sodecoton.